L’ancien Président Luiz Inacio Lula Da Silva est devenu mardi 27 septembre 2011 le 16ème Docteur Honoris Causa et la première personnalité latino-américaine à recevoir ce titre académique de l’IEP de Paris.
Ce n'était pas tout à fait le carnaval de Rio malgré les tambours de la Batuka, mais le fait de conférer un doctorat honoris causa à l'ancien Président brésilien a déclenché un enthousiasme certain au 27 rue Saint-Guillaume. Entouré de professeurs des universités vêtus de la robe académique, Lula s’est dirigé vers l’amphithéâtre Émile Boutmy sous les applaudissements de plusieurs centaines d’élèves de Sciences Po parmi lesquels de nombreux brésiliens. Près de 200 étudiants du campus euro-latino américain avaient spécialement fait le déplacement pour assister à la cérémonie.
Devant un auditoire composé d’élèves, de professeurs des universités et de personnalités dont l’ancien Premier ministre portugais José Socrates, Richard Descoings, directeur de Sciences Po, a salué Lula pour sa contribution au développement économique et social du Brésil et souligné les valeurs partagées : l’importance du métissage, du mélange des cultures, des idées, etc.
Jean-Claude Casanova, Président de la Fondation nationale des sciences politiques, a ensuite prononcé le traditionnel éloge. Il a commencé par rappeler la fascination intellectuelle de la France pour le Brésil en citant l’écrivain Anatole France qui y voyait l'incarnation de la philosophie positive d'Auguste Comte. En effet, comme Jean-Claude Casanova l'a souligné, la devise Ordem e Progresso («ordre et progrès») qui est inscrit sur le drapeau national brésilien a été directement inspiré du positivisme de Comte : «l'amour comme principe, l’ordre comme base, le progrès comme objectif ».
L’ancien Président Lula a commencé son discours par un rappel des réalisations menées sous sa présidence notamment dans le domaine de l’éducation : «Je suis le premier Président du Brésil sans diplôme à avoir créé 14 universités, 126 campus universitaires et 214 écoles techniques. » À sa suite, Dilma Rousseff a pris l’engagement d’augmenter le budget du ministère de l’éducation qui devrait passer de 5 à 7% du PIB. Il a conclu son discours en exhortant les élèves de Sciences Po à participer à la vie politique après une parenthèse sur la crise européenne actuelle : « Ce qui se passe en Europe requiert des décisions politiques et non économiques. »