Un nouvel âge des imposteurs ?

Astrid von Busekist, professeure de théorie politique à Sciences Po, publie le 1er septembre aux éditions Albin Michel un nouvel ouvrage intitulé L’ère des impostures. Contre la tyrannie des identités

L’air du temps célèbre l’individu libre de ses choix et de son identité. Il est possible de changer de genre ou de religion, et même d’alterner les rôles selon les moments de la journée : lorsqu’il est question de classe ou d’apparence, sans doute. Mais peut-on se réclamer d’une autre race ? Rien n’interdit formellement de se dire Noir alors qu’on est Blanc (ou l’inverse), de jouer à l’autochtone ou de s’inventer un passé de victime, rescapée de la Shoah ou d’un attentat meurtrier. Formellement, rien. 

Astrid von Busekist a répondu à nos questions sur ces thèmes fondamentaux et si actuels et plus largement sur son ouvrage. 

Comment qualifieriez-vous l’imposture ? Qu’appelez-vous un imposteur ?

Astrid von Busekist : Dans mon livre il y a deux sortes d’imposteurs : les vrais – si je puis dire – c’est-à-dire les faussaires ou les affabulateurs qui épousent une identité qui n’est pas la leur ; et les « malgré-eux », ceux que d’autres désignent ainsi. 

Hannah Arendt par exemple appartient à la deuxième catégorie : elle s’est, aux yeux de ses contempteurs, rendue coupable de se mettre « dans la peau » d’une personne issue d’une autre minorité que la sienne, d’avoir péché par analogie, par comparaison insidieuse avec un groupe opprimé, la communauté noire des États-Unis.

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