Critique internationale - Sommaire
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Le premier article de cette série, dans laquelle Yves Bougon et Karoline Postel-Vinay abordent les débats qui renouvellent depuis quelques années la vision des Japonais sur leur propre société, a paru dans le n° 1 de Critique internationale (automne 1998).
Feigenbaum (Harvey), Henig (Jeffrey), Hamnett (Chris), Shrinking the State. The Political Underpinnings of Privatization, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, 182 pages.
Kharkhordin (Oleg), The Collective and the Individual in Russia. A Study of Practices, Berkeley, University of California Press, 1999, XII-406 pages.
Tatla (Darshan Singh), The Sikh Diaspora. The Search for Statehood, Londres, UCL Press,1999, XIV-325 pages.
Gladney (Dru C.), ed., Making Majorities. Constituting the Nation in Japan, Korea, China, Malaysia, Fiji, Turkey, and the United States, Stanford, Stanford University Press, 1998, XV-352 pages.
Comaroff (John L.), Comaroff (Jean), eds., Civil Society and the Political Imagination in Africa, Chicago et Londres, The University of Chicago Press,1999, 310 pages.
Dumett (Raymond E.), ed., Gentlemanly Capitalism and British Imperialism. The New Debate on Empire, Londres et New York, Longman, 1999, XIII-234 pages.
Le "retour du religieux" dans les pays arabo-musulmans, au cours des années 1970, n'est pas la conséquence de l' "inséparabilité" culturelle présumée entre islam et politique mais, au moins en partie, le résultat de décisions institutionnelles : si la demande de biens religieux est élevée, alors la politique étatique de déréglementation du marché religieux conduit à la résurgence religieuse. Mais ce processus prend des formes différentes. Au lendemain de l'indépendance, l'Etat tunisien et l'Etat égyptien contrôlaient fortement la sphère religieuse. Mais si, en Tunisie, le régime réduisit de façon spectaculaire l'espace occupé par la religion, en Egypte, l'institution religieuse conserva une importante présence. Vingt ans plus tard, les deux pays ont déréglementé partiellement le marché des biens religieux. L'institution religieuse ayant bénéficié d'une situation de départ plus puissante en Egypte qu'en Tunisie, le retour du religieux fut plus important dans le premier pays que dans le second.
L'Afrique sub-saharienne est souvent présentée comme étant à la marge du système international. Pourtant, le continent y est intégré depuis longtemps déjà. Les acteurs politiques africains ont mis en place des stratégies d'extraversion leur permettant de gérer, voire de construire, les relations de dépendance de leurs propres sociétés. Entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques, donc, il y a interaction et non pas simplement domination et exploitation. La traite des esclaves, la colonisation, l'accès à l'indépendance et la position diplomatique des nouveaux Etats pendant la guerre froide s'inscrivent dans ce modèle. Aujourd'hui, les processus en trompe-l'œil de l'ajustement structurel et de la transition démocratique ainsi que l'extension de la guerre reproduisent ces économies politique et morale de l'extraversion. Sans doute, cette dernière souffre d'un déficit de légitimité mais cela procède de l'historicité des sociétés africaines et non d'un hiatus entre ces sociétés et l'Etat. Six formalités d'action - la coercition, la ruse, la fuite, l'intermédiation, l'appropriation, le rejet - permettent de mieux comprendre comment les Africains sont les sujets de leurs situations de dépendance.
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La commission "Vérité et Réconciliation" d'Afrique du Sud a publié son rapport final en cinq volumes en octobre 1998. Alors que son travail lui a valu des critiques de tout le spectre politique en Afrique du Sud, il est considéré dans le reste du monde comme pratiquement irréprochable. Le rapport final constitue certes un document historique majeur, mais il faut aussi considérer la commission en elle-même comme un processus politique. Beaucoup de ses séances furent publiques, beaucoup furent retransmises à la télévision ; dans de nombreux cas elles étaient destinées à créer l'impact le plus dramatique possible. La façon dont les Sud-Africains jugent la commission et son travail est le produit de leurs différents points de vue sur l'histoire de leur pays. Ce travail va-t-il contribuer à la réconciliation nationale ? Cela dépendra en grande partie de ce qu'en feront les hommes politiques de ce pays
La pacification au Salvador après la longue guerre civile doit notamment sa réussite au réalisme ayant guidé l'accord de paix et son application : on a choisi de régler en priorité les problèmes concrets de reconversion des combattants des deux bords (militaires et guérilleros) comme base d'une stabilité minimale propice à la normalisation démocratique. Cela ne va pas sans quelque insatisfaction du côté de la justice : l'accord de paix, fondé sur un compromis entre deux adversaires en situation de match nul, comportait une amnistie très large. A défaut de sanctions pénales contre les auteurs de crimes, une commission vérité a été constituée mais n'a que partiellement rempli sa mission. La comparaison avec d'autres cas latino-américains permet de saisir l'importance du rapport de forces à l'heure de la paix pour parvenir à un degré satisfaisant de justice et de réconciliation
Le règlement de comptes avec le passé dans les pays d'Europe centrale et orientale a connu des fluctuations très sensibles en dix ans, au gré des espoirs et des difficultés de la transition, donc aussi des changements de gouvernement. Prise dans ses quatre principaux aspects (châtiment, épuration, restitutions, restauration de la mémoire collective), cette gestion du passé révèle des tendances communes à toute la zone et conduit à s'interroger, notamment, sur les raisons d'une épuration dans l'ensemble modeste, de châtiments rarissimes, et de l'absence de dispositifs du type "commission vérité", très utilisés au sortir des dictatures latino-américaines et de l'apartheid. Cette modération ne préjuge pas de l'avenir : l'aspiration à établir la facture des préjudices pourrait grandir avec le temps
Si certains estiment que la justice est la condition de toute vraie réconciliation, d'autres estiment à l'inverse qu'elle peut empêcher la paix. Une telle interchangeabilité, sinon substitution, entre les deux termes signale une réorganisation de notre espace politique dans le sens d'une mondialisation morale. Les droits de l'homme, et leur envers extrême du crime contre l'humanité, bouleversent la séparation claire entre d'une part la souveraineté interne, d'autre part les relations juridiques entre souverainetés, c'est-à-dire le droit international. C'est la raison pour laquelle il faut rapprocher cette criminalisation des relations internationales de celle que l'on constate au niveau interne : au fur et à mesure que le monde tout entier devient un seul univers moral, les relations les plus intimes se conçoivent désormais sur le mode du combat entre étrangers, donc comme relevant du domaine de la réconciliation.